• Mathieu Van Den Broeck

The Nightingale de Jennifer Kent

Mis à jour : mars 18

Resté scandaleusement inédit dans nos contrées lors de sa sortie officielle sur grand écran en 2018, The Nightingale de Jennifer Kent sort prochainement en Blu-ray chez Condor Films. Cet évènement est donc une occasion en or pour se repencher sur le deuxième long-métrage de l’auteure de Mister Babadook, à n’en point douter l’une des œuvres les plus marquantes de ces dernières années.


NB : Attention, ça va méchamment spoiler ! Si vous ne l’avez pas encore vu, mettez cet article de côté, installez-vous confortablement et lancez le film !

© Koch Films

Tasmanie, début du XIXème siècle. On y suit Clare Caroll, immigrée irlandaise, mariée à Aidan et mère d’un jeune nourrisson. Ancienne détenue, Clare travaille comme servante pour l’armée anglaise au sein d’une colonie pénitentiaire. Mais du jour au lendemain, sa vie bascule. Violée à deux reprises par le lieutenant britannique Hawkins, elle assiste également impuissante à l’assassinat de sa famille par ce même lieutenant et ses subalternes. Bien décidée à faire justice elle-même, Clare se lance à la poursuite de ses bourreaux sur les terres tasmaniennes, Hawkins devant se rendre à pied dans le nord de l’île afin d’obtenir la direction d’un poste pénitencier plus important. La région étant particulièrement hostile, l’un des amis de Clare lui conseille de se payer les services d’un guide aborigène prénommé Billy.


Avec une telle introduction, le film semble bien parti pour cocher toutes les cases du rape and revenge classique, tel qu’il en a pullulé dans les années 80. Et pourtant, à peine la quête de vengeance de Clare a-t-elle été entamée que la réalisatrice, par petites touches et certains dialogues percutants, quitte les rivages du pur film d’exploitation pour orienter son récit vers des contrées beaucoup plus complexes et une exploration thématique ne se limitant pas à la violence genrée*.


Ce changement de cap est amorcé par des propos de Clare, déclarant à son ami, lui aussi ancien prisonnier, qu’elle ne désire pas s’associer à un « Black » de peur de « finir dans leur gamelle ». L’ami de Clare n’est pas en reste et demande à cette dernière si elle désire réellement voyager avec « ça » en parlant de Billy. Une séquence plus loin, alors qu’elle a finalement assuré à Billy une récompense financière, la réalisatrice nous présente Clare sur son cheval, vociférant des « Boy » contre son guide, le fusil pointé vers lui. À travers ce plan pour le moins éloquent, nous comprenons alors que la réelle l’ambition de Kent est d’embrasser la problématique plus large des rapports de domination, de hiérarchisation des peuples et des cultures et de l’intériorisation des préceptes racistes. Ainsi, Clare nous est montrée comme une personne se considérant comme supérieure à son guide et ne voyant en lui qu’un outil qui lui permette de mettre la main sur ses agresseurs. Le « That’s my black » qu’elle adresse à un paysan ayant tenté de tuer Billy se révèle à ce titre particulièrement marquant. En dépeignant de la sorte sa protagoniste, la réalisatrice ne se limite pas au discours victimaire et abandonne dès lors tout manichéisme.

© IFC Films

(...) La réelle l’ambition de Kent est d’embrasser la problématique plus large des rapports de domination, de hiérarchisation des peuples et des cultures et de l’intériorisation des préceptes racistes.

Cette relation, empreinte de méfiance, voire de mépris pendant la première partie du film, va toutefois profondément se transformer, au point d’être finalement marquée par le sceau de la compassion et de l’amour. C’est dans cette découverte de l’autre, cette empathie entre deux êtres humains opposés au départ en tout point que le film se révèle le plus bouleversant. Cependant, la réalisatrice prend soin de ne pas tomber dans l’universalisme de spot publicitaire à la Benetton. Comme elle le déclare dans une interview accordée à Film Comment: « I think ultimately what the story is saying is that hopefully we can transcend these barriers. Not in any kind of sentimentalized ‘we’re all the same’ way, not at all, but at the end of the film, there’s one human standing in front of another human and there’s love there. And that’s all that matters ».[1]


Que cela soit en termes d’évolution des personnages ou par sa brutalité inouïe, la scène qui voit Clare ôter la vie au soldat britannique responsable du meurtre de son enfant marque un véritable tournant dans le récit. Ici, la réalisatrice s’attache à nous faire ressentir toute la rage de sa protagoniste, rendant compte de chaque coup de couteau, le tout étant filmé avec la plus grande crudité et sans ellipse. La lente agonie du militaire est d’autant plus glaçante et inconfortable que ce dernier expire comme dernier mot « Mother » et qu’il nous a été présenté comme un individu rongé par la culpabilité. Par une simple ligne de dialogue, Kent démontre son talent d’écriture pour capter l’humain dans toute sa complexité et ses paradoxes. À la suite de cet acte, Clare se relève tant bien que mal, à la fois désœuvrée, fragile mais aussi et surtout toujours marquée par une profonde souffrance. Comment, lorsque l’acte de vengeance ne comble pas le vide laissé par la perte d’êtres aimés, parvenons-nous à continuer à vivre et à trouver un sens à notre existence ? C’est ce que semble poser comme question fondamentale la réalisatrice et ce qui constituera le cœur de la seconde partie du film.


Décisive, cette scène l’est aussi assurément pour Aisling Franciosi, l’interprète de Clare, cette dernière délivrant en quelques minutes un potentiel dramatique et une richesse de jeu tout bonnement hallucinants. Passant de la fureur à la fragilité quasi enfantine, du désespoir le plus profond à une détermination sans faille, l’actrice passe par toutes les couleurs du spectre émotionnel avec une aisance déconcertante, donnant vie à un personnage d’une intensité rarement vue à l’écran. Même si le long-métrage est porté par un casting de premier ordre, force est de constater que Aisling Franciosi est un cran au-dessus et porte le film sur ses épaules.


Enfin, à la vision de ce spectacle, le doute n’est plus permis, l’ombre de Mel Gibson [2] plane définitivement sur le film. En effet, impossible de ne pas évoquer ce dernier, tant la viscéralité et la mise en scène impactante renvoie à son Apocalypto. Si on rajoute à cela la dimension survival/chasse à l’homme ainsi que la manière de cadrer la forêt dans toute sa majesté mais aussi son hostilité, Kent s’inscrit définitivement dans l’héritage de l’acteur-réalisateur.


Au niveau de la caractérisation des personnages, l’écriture de Clare se distingue particulièrement par sa grande justesse psychologique, le souhait de Kent étant manifestement d’aller à l’encontre de la teneur bêtement héroïque et quelque peu naïve de certains rape & revenge. Ici, la metteuse en scène nous montre non pas un individu invulnérable mais au contraire une femme paralysée une fois confrontée à son agresseur, symptôme récurrent chez les victimes de viol. Kent n’emprunte donc définitivement pas le chemin de la complaisance et adopte un regard lucide et d’une profonde acuité.


L’un des autres grands mérites de The Nightingale est d’éviter les pièges classiques du récit initiatique de l’occidental qui se voit accompagné d’un autochtone. Dans ce type de configuration, combien de fois n’avons-nous pas assisté au cliché narratif du « bon sauvage » qui facilite le voyage du Blanc ou encore à la figure rabâchée de l’occidental portant rescousse à l’indigène ? Kent nous épargne aussi la soi-disant sagesse ancestrale de l’autochtone qui délivre à l’homme blanc [3] les réelles valeurs de l’existence, Billy étant lui aussi engoncé dans ses préjugés, faisant un amalgame entre Clare et les Anglais responsables de la disparition de ses proches. Le script accorde en effet la même importance à ces deux personnages principaux, Billy étant doté d’une forte personnalité et d’un véritable background. Le conflit caractérise régulièrement leurs rapports, et Billy n’hésite d’ailleurs pas à humilier Clare. Dans sa structure, nous constatons également que le long-métrage ne se résume pas uniquement à une quête de vengeance, mais qu’il conte aussi l’histoire d’un homme à qui on a tout pris et dont la culture et le peuple sont menacés.


Le massacre du peuple aborigène de Tasmanie, il en est clairement question dans la seconde moitié du film, Kent rappelant à qui l’aurait oublié qu’au cours des siècles, un authentique génocide a été perpétré envers cette civilisation [4]. Nous l’avons vu plus haut, l’un des soucis de Kent est de se pencher sur les dégâts des rapports de domination. Ici, la cinéaste nous rappelle que la violence coloniale découle d’un processus de déshumanisation, réduisant les Aborigènes à l’état d’animal, et où les corps de ces derniers sont considérés comme des trophées de chasse. À ce titre, l’objectification de l’autochtone ainsi que la rencontre de la violence genrée et coloniale s’incarnent dans le viol de Lowanna, une femme et mère Aborigène kidnappée par les agresseurs de Clare, séquence rappelant que la colonisation a engendré également la destruction d’un nombre incalculable de foyers familiaux.

Remarquable, The Nightingale l’est aussi par sa capacité à adopter un ton toujours juste. Bien que la réalisatrice nous plonge dans une ambiance particulièrement désenchantée et nous confronte à une réalité où l’humanité est le plus souvent bafouée, Kent ne cède pas à la tentation du nihilisme le plus total en parsemant son récit de bonté salvatrice, notamment à travers ce couple âgé qui leur vient en aide en les hébergeant le temps d’une nuit.


Mais au-delà de son scénario acéré, de l’épaisseur de ses personnages, ou encore de la qualité de son interprétation, le film se démarque aussi par ses choix de mise en scène, tous plus pertinents que les autres, et relativement radicaux pour certains.


Là où le film affirme sa plus grande singularité par rapport au tout venant de la production cinématographique contemporaine, c’est dans son absence quasi-totale [5] de musique extra et intradiégétique. De nos jours, ce choix fait quasiment figure de manifeste, tant l’immense majorité des films actuels se définissent par un accompagnement musical. Le pari s’avère donc risqué mais se révèle payant, tant l’âpreté et le caractère inconfortable de l’univers dépeint s’en trouvent renforcés. Kent rappelle dès lors qu’une utilisation intelligente et parcimonieuse de la musique décuple l’impact dramatique d’un récit filmique, leçon que semble avoir oublié depuis longtemps Christopher Nolan.


Néanmoins, Kent accorde une importance prépondérante au chant, ce dernier étant employé comme un outil permettant de véhiculer les thématiques fondamentales du récit mais aussi de garantir les contrastes dramatiques. Ainsi, dès l’entame du film, la berceuse que Clare chante à son enfant alors qu’elle marche le long d’un sentier de campagne est suivie d’un insert d’un couteau agrippé à la main de l’héroïne, comme pour signaler que cette quiétude et ce bonheur familial ne tiennent qu’à un fil dans cet environnement hostile. Ce jeu de l’opposition revient un peu plus tard, lorsque Clare interprète la chanson du rossignol contant une romance entre deux êtres face à une cohorte de soldats s’apparentant à des prédateurs sexuels. Cette aspiration à l’amour et au bonheur sera définitivement contrariée par le viol de Clare, agression qui sera précédée par une autre comptine entonnée sur ordre de son bourreau. Le chant anticipe et assure ainsi une liaison entre les deux séquences. Néanmoins, deux des plus belles utilisations du chant se situent à la fin du film. Ayant finalement réussi à rejoindre la ville au nord de l’île, Clare décide de se rendre dans l’auberge où se trouve Hawkins, ce dernier étant entouré d’une série de haut-gradés. C’est alors qu’elle déclare devant tout le monde ce qu’il lui a fait subir et chante un air évoquant la perte de l’être aimé. Là où auparavant le chant était signe de soumission, il devient un outil d’affrontement, de lutte et de confrontation, fournissant à l’héroïne l’occasion d’inverser un court moment le rapport de domination et d’exorciser une part de sa douleur. Enfin, lors de la scène finale, Clare sous-entend le sentiment d’amour né entre elle et Billy par l’entremise d’un air folklorique gaélique entonné face à l’horizon. Le chant raconte alors ce que les personnages se révèlent incapables d’exprimer. Kent fait preuve ici d’une grande intelligence de mise en scène en réalisant que les dialogues auraient eu tendance à surligner les sentiments et à diminuer l’impact émotionnel de l’épilogue.


Là où auparavant le chant était signe de soumission, il devient un outil d’affrontement, de lutte et de confrontation, fournissant à l’héroïne l’occasion d’inverser un court moment le rapport de domination et d’exorciser une part de sa douleur.

Dans un paysage cinématographique en grande partie sclérosé par le naturalisme, le film de Jennifer Kent fait également figure d’heureuse anomalie. En effet, Kent ne ploie pas sous le poids de sa thématique et nous offre au contraire une œuvre d’une grande liberté formelle. Ainsi, en même temps qu’un univers crédible nous est proposé à travers une reconstitution historique soignée ou des dialogues parlés en gaëlique ou en palawa kani, Kent convoque par exemple clairement l’horreur gothique anglo-saxonne par l’entremise de plans particulièrement évocateurs. La réalisatrice ne craint pas non plus de traduire un rêve de Clare via une esthétique tout droit sortie du cinéma primitif. Dès lors, le spectateur semble contempler par instant une œuvre à la lisière du fantastique et du conte. Grâce à cette richesse stylistique, Kent parvient à conférer une dimension quasi mythique au voyage de nos deux protagonistes et à renforcer l’universalité son récit.

© Koch Films

En termes de pure mise en scène, le film se montre particulièrement brillant lors des retrouvailles de Clare et Billy. Courant l’un vers l’autre, Kent conclut cette courte scène par un simple mais sublime champ/contre champ sur leur visage où l’on peut lire joie et soulagement. Se dégage alors de cette séquence une puissance émotionnelle bouleversante, en grande partie due à l’économie de moyens et au langage purement visuel employé par la cinéaste. Ce très bref instant est ensuite suivi d’un plan où l’on voit uniquement les jambes et les pieds de nos deux protagonistes, marchant côte à côte et au même rythme. Simplement par le cadre et le montage, Kent nous fait comprendre le basculement de cette relation, nos deux protagonistes ressentant à présent un réel amour l’un pour l’autre, se considérant comme des égaux, prêts à affronter l’avenir ensemble.


© IFC Films

Tout au long de son long-métrage, Kent fait également montre d’un sens du cadre réellement aiguisé. Alors qu’une grande partie de l’histoire est filmée en plans serrés, The Nightingale est néanmoins ponctué de plan larges qui accentuent la puissance émotionnelle du récit ou soutiennent l’évolution thématique. L’un des plus marquants est celui où figure Clare debout à côté de son cheval à l’arrière de Billy pendant que ce dernier effectue un rite funéraire en l’honneur de son oncle Charlie, tué par Hawkins.

© IFC Films

Venant contrebalancer le plan déjà évoqué plus haut qui montrait Clare en train de menacer Billy avec son arme, le spectateur contemple ici la tristesse et l’empathie que Clare ressent envers son acolyte. Enfin, le dernier plan large du film témoigne de l’importance accordée aux symboles. Alors que seuls la Lune et les ténèbres accompagnaient nos deux héros dans leur trajet, Kent filme Clare et Billy de dos sur une plage, fixant le soleil qui se lève. Ceux qui ont traversé l’enfer et n’ont jamais eu l’occasion de contempler la lumière peuvent à présent profiter de ce très cours moment d’apaisement, d’espoir et de pure beauté que leur offre la nature.

© IFC Films

Enfin, si l’on devait parler du format d’image, l’utilisation du 4/3 s’avère particulièrement judicieuse, étant donné sa capacité à rester au plus près des émotions des personnages. Le scope ou des ratios de cadre plus larges auraient quelque peu desservi le film en lui donnant une dimension plus directement spectaculaire, ce qui aurait eu pour effet d’éloigner le spectateur de Clare et Billy. Kent se situe donc à mille lieues des caprices hipster un peu vains ou des effets de mode, le 4/3 étant savamment pensé à des fins dramaturgiques.

© IFC Films






© IFC Films

Et parce que rien n’est parfait, nous pourrons quelque peu déplorer les séquences de cauchemar ou d’hallucinations peu convaincantes de Clare, ces dernières confirmant une tendance malheureuse apparue au sein du cinéma de genre [6]. Depuis quelques temps, une partie non négligeable des films apparentés à l’horreur sont parasités par des séquences inutilement outrancières censées renforcer la tonalité dramatique et fantastique de leur histoire. Souvent accompagnés de mouvements de caméra ou d’effets sonores et de montage grossiers, ces passages versant clairement dans la surenchère procurent le sentiment que l’équipe créative n’a pas assez foi en la force intrinsèque du film, l’arc narratif des protagonistes ou dans la puissance tragique des évènements exposés au préalable. Dans le cas de The Nightingale, était-il forcément nécessaire de matérialiser plusieurs visions cauchemardesques pour signifier le trauma et la hantise du personnage après nous avoir montré deux viols en temps réel et l’assassinat d’un nouveau-né ?


Hormis cette réserve, Jennifer Kent signe incontestablement un film majeur. Récit à la croisée des genres, éprouvant et jusqu’au-boutiste, The Nightingale ne verse pour autant jamais dans la gratuité ou le sensationnalisme.


Politique, le deuxième long-métrage de Jennifer Kent l’est aussi assurément, mais uniquement par le caractère habité de sa réalisation et de l’interprétation. Pas de place ici pour des personnage-fonction qui ne serviraient que de vecteur pour délivrer un message prémâché à la limite du dogme, The Nightingale nous donnant à voir des personnages réellement incarnés. La réalisatrice évite également l’écueil de la connivence obligatoire, de la prise d’otage du spectateur et de la démagogie. En aucun cas, le film nous pousse à penser comme lui.


Pour conclure, nous pourrions sans conteste accoler au film le qualificatif de féministe mais ce terme ne saurait rendre justice à l’humanisme beaucoup plus global dont fait preuve la dernière œuvre en date de la réalisatrice australienne. Au bout du compte, ce qui traverse en filigrane l’ensemble du film est la volonté de Kent de rendre compte, certes de l’horreur du monde, mais aussi de questionner la possibilité de l’amour, de la compassion et de l’empathie en des temps aussi troublés. Et nous ressortons avec ce sentiment, à l’image d’un de ses tout derniers plans, qu’il reste toujours une lueur qui peut traverser les nuages les plus sombres.


Auréolé notamment du prix du jury au festival des Hallucinations Collectives lors de sa dernière édition, le film commence à être évalué à sa juste valeur et à acquérir petit à petit le statut de perle immanquable, bien au-delà de sa terre natale.

Espérons seulement que la prochaine création de Jennifer Kent ne connaisse pas le même sort et que l’œuvre d’une cinéaste aussi singulière et radicale ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la frilosité des distributeurs et de la sacro-sainte rentabilité.


Mathieu Van Den Broeck,

Humble cinéphile

* La violence genrée est également abordée dans l'article de Marie Decleire, Filles de joie, dans notre rubrique "Genre & Cinéma".


Bibliographie

[1] GIRISH Devika, « Interview : Jennifer Kent », Film Comment, 30 janvier 2019 [2] Impression qui a été en partie conditionnée, je l’avoue, par l’écoute d’un épisode du fabuleux podcast Le Cinéma est Mort, défenseur devant l’éternel de la cause « melgibsonienne ». [3] A noter qu’un expert, un aborigène tasmanien du nom de Jim Everett, a accompagné la réalisatrice tout au long du tournage afin de s’assurer que la langue parlée soit correcte et que les chansons soient des vraies chansons traditionnelles. La langue parlée est le palawa kani et provient d’enregistrements existants. C’est bien une langue vivante, parlée aujourd’hui par les Aborigènes de Tasmanie. [4] Cette page fondamentale de l’histoire du pays est toujours mise sous le tapis par les leaders politiques. Faut-il également rappeler qu’ils sont encore considérés comme des citoyens de seconde-zone et des étrangers alors qu’ils vivent sur ces terres depuis 40.000 ans ? [5] De la musique instrumentale se fait entendre lors d’une hallucination de Clare et lors du rêve succédant au massacre de sa famille. [6] Je considère que The Nightingale peut être appréhendé comme un film de genre au sens large, contenant en son sein du rape and revenge, mais aussi des séquences empreintes d’une atmosphère horrifique certaine.

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