• Sarah Guion

Folie et bien-être en confinement

Mis à jour : 2 déc. 2020

The Lighthouse nous plonge dans un lieu où règne l’isolement et la folie. Le confinement a, lui aussi, fait des ravages sur la santé mentale auprès de nombreuses personnes. Analyse et solutions.

Robert Eggers signe un saisissant thriller psychologique avec The Lighthouse (2019),dans lequel Robert Pattinson et William Dafoe nous offrent une performance remarquable en tant que gardiens de phare, isolés sur une île déserte, à attendre que la relève arrive. Mais voilà, la relève n’arrivera jamais et à mesure qu’il passe, le temps devient lourd et envahissant. La folie devient peu à peu maîtresse des deux protagonistes, une mouette borgne vient les provoquer, une sirène apparaît, l’alcool coule à flot le soir, la musique retentit de plus en plus fort, laissant présager une fin terrible. Au plus l’aliénation grandit, au plus le décor explose, donnant un sentiment d’oppression et de fin du monde.

Une étude conjointe de deux universités rapporte qu'un belge sur deux est en situation de mal-être, conséquence fatale du confinement.

Ce bref résumé du film, illustrant les méandres de l’isolement, nous fait rappeler ce que nombre d’entre nous ont vécu pendant le confinement. Tous reclus dans nos maisons ou petits appartements, nous avons fait l’expérience de la solitude, tel un exil imposé dû à la pandémie. Alors arrivent les émotions négatives, la peur, la colère, la tristesse et le dégoût. Ensuite débarquent les conséquences, l’irritabilité, l’anxiété, la confusion, l’insomnie, l’abus d’alcool ou de drogue, l’abus de médicaments, la dépression et le suicide.


Tandis que nous sommes enfermés, coupés de tout lien, la sensation du décor devient écrasante, on aurait presque envie de repousser les murs. Nos journées n’ont plus aucune temporalité, le matin devient le midi et la lumière s’assombrit. Un mauvais présage se faufile dans nos esprits, telle la mouette borgne du film venant narguer sans cesse l’humain, quand enfin arrive le moment qu’on attendait tous...le déconfinement. Alors s’opère une libération de l’âme, comme un doux retour à nos habitudes sociales qui nous sont chères. C’était sans compter sur un reconfinement, qui vient nous frapper au plus profond de notre être, où les sentiments amers refont surface, laissant place à un possible effondrement psychique.


Récemment, une étude conjointe entre deux universités rapporte qu’un belge sur deux est en situation de mal-être, conséquence fatale du confinement. Cette hausse spectaculaire est également constatée par les professionnels du domaine de la prévention du suicide.


Alors, pour ne pas sombrer, il existe quelques pistes qui méritent qu’on s’y attarde... Commençons par maintenir une routine quotidienne, c’est-à-dire continuer à faire ce qu’on fait habituellement et aux mêmes horaires, afin de ne pas se laisser aller (se lever et se coucher aux mêmes heures, s’occuper la journée, etc). Ensuite vient la gestion de la solitude, qui consiste à prendre minimum deux moments par semaine rien que pour soi (prendre un bain, écouter un album, dessiner, faire du sport, etc), de même que de contacter régulièrement les gens qui nous font du bien. Enfin, il existe des facteurs de protection, comme le fait d’honorer les rendez-vous chez votre psychologue, d’être en compliance avec votre traitement, et de faire des exercices de respiration et de lâcher-prise. Toutes ces petites choses sont essentielles au bien-être psychique et physique de chaque être humain, en constante connexion avec les autres et ce qui l’entoure.



Sarah Guion,

étudiante en fin de Master de Psychologie Clinique et Psychopathologie

et déléguée Culture de l’Association des Cercles Étudiants (ACE) de l’ULB

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