• Zachie

Ciné-concert « Khamsin », Oiseaux-Tempête, 21 octobre 2020

Mis à jour : 29 déc. 2020

Un ciné-concert ? C'était une première au Kinograph. Et clairement, on a le sentiment d'avoir passé le test.

« C'est notre premier concert depuis mars et putain, ça fait du bien ! ». Cette phrase, on l'a entendue chez les membres de Oiseaux-Tempête aussi bien que parmi le public venu en nombre (mais pas trop, Mon général, on vous assure, la jauge a été respectée!) mercredi 20 octobre au Kinograph. C'était après la fermeture des bars et avant le reconfinement. C'était presque le bon temps !


Il s'agissait d'une soirée ciné-concert organisée avec EmpreinteS au profit des musiciens de Beyrouth, qui doivent faire face à plus d'une crise, là-bas, au Liban. C'est dans cette ville meurtrie que Oiseaux-Tempête (sans conteste le meilleur groupe de post-rock à l'heure actuelle) a été mûrir et enregistrer son album Al-An en 2016. Ils y ont rencontré des musiciens locaux, ont tapé le boeuf avec eux, découvert une autre manière de vivre et de penser la musique, une autre manière de jouer. Le film Khamsin projeté en première partie de soirée retrace ce périple. Entre réalité du terrain et montées psychédéliques, il nous a fait rentrer dans le monde de Oiseaux-Tempête, collectif monté autour de Stéphane Pigneul et Frédéric D. Oberland il y a une dizaine d'années.


Les membres du groupe et les réalisateurs du film nous ont fait la gentillesse de venir spécialement pour l'occasion, gratuitement (tous les bénéfices étant reversés aux musiciens de Beyrouth). Après un Q&A avec le public, Oiseaux-Tempête a pris la scène pour la première fois depuis mars et un concert à Tunis. On l'a tous ressentie, cette chaleur au milieu du tunnel, ce premier concert depuis des lunes et probablement le dernier de l'année. Oh, ça n'a pas duré longtemps (cinquante minutes, soit quatre titres), mais ce fut bien suffisant pour redonner le goût du live !


Pour le Kino, c'était une première. Et pour le coup, notre salle de cinéma avait des airs de Magasin 4. Parmi les hordes présentes, il y avait de nombreux nostalgiques d'une époque où on pouvait écouter du son live en buvant une pinte sans trop se poser de questions. Mais ne vous inquiétez pas, mon général ! Chacun est resté sagement dans son siège, à bonne distance, masque sur le nez, tout bien réglé.


D'ailleurs, il n'y avait pas que des (anciens) habitués. Lucille, 18 ans, a débarqué sans connaître le groupe, sans avoir jamais écouté de post-rock. Simplement, ça fait un mois qu'elle est arrivée à la capitale pour étudier et le Kinograph est un des rares endroits encore ouverts... Bruxelles, ville ouverte. « C'était génial ! C'est la première soirée à laquelle on va depuis qu'on est ici. Tout est fermé. Mais tant le film que le concert, j'ai adoré ! »


Pour le groupe aussi, c'était une catharsis, comme ils nous l'ont fait savoir : « Pour être sincères, on attendait vraiment ce concert , c’était un peu cathartique, huit mois sans rien et un risque de voir notre prochaine belle tournée partir avec l’eau du bain... Bref, avec le risque que ce beau passage éclair soit notre seul bon souvenir de 2020, on vous salue bien ! »


Mais pour revenir à nos moutons, la grosse question qui se posait, pour nous qui tenons un cinéma, c'était celle du son. On savait déjà que le système de la salle pouvait déchirer les tympans exactement comme Christopher Nolan le désirait, mais un concert ? Le son allait-il être à la hauteur ? Allait-il rendre honneur aux envolées de guitares de Oiseaux-Tempête ? A cette musique dense, intense et tellement précise ? Réponse : plus que bien, mon général ! A dire vrai, ça nous a nous-mêmes étonnés ! Un son cristallin, clair, le truc à apprécier assis et masqué sans broncher sinon pour relancer le groupe ! « On s'en fout du couvre-feu ! » Je ne fais que reprendre les chants du public, hein... D'ailleurs, rassurez-vous, mon général, le couvre-feu a été respecté !


Mais pour dire, on va recommencer. Ce sera le seul de l'année, mais c'est sûr, on va proposer de nouveaux ciné-concerts. Et pourquoi pas Monolithe Noir ? Un peu d'électro cérébrale, ça ne peut pas faire de mal ! Cela ne dépend pas que de nous, évidemment, mais sachez que c'est dans les cartons. Et que si c'est pas sûr, c'est quand-même peut-être. En 2021. Restez branchés. On vous tient au jus.


Zachie

Membre de CinéCité

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